Foulées littéraires : l'interrogatoire du commissaire.

Olivier Mony

Quelques jours avant le lancement de la première édition des Foulées Littéraires à Lormont, rencontre avec Olivier Mony, commissaire général de la manifestation.

On peut dire qu’il est tombé dans la marmite quand il était petit. La passion du sport et de l’écrit accompagne en effet l’existence du jeune commissaire général de la manifestation lormontaise depuis l’enfance. Avant même de savoir lire, le garçonnet qu’il était alors demandait à sa mère de lui lire les comptes rendus des rencontres sportives du journal L’Equipe avec une dilection toute particulière pour les courses automobiles. Bonne pâte, maman s’exécutait. Et c’est comme ça que nait une culture.

Près de 40 ans plus tard, le bambin a pas mal grandi, a appris à lire, à écrire et fait désormais une belle carrière d’écrivain, de critique littéraire (Sud-Ouest, le Figaro littéraire, Livres Hebdo) et de cinéma. Il était d’ailleurs président du jury étudiant du Festival du film d’histoire de Pessac qui vient de s’achever. Journaliste, fou de sports et de littératures, Olivier Mony était donc la personnalité toute indiquée pour mener à bien la difficile tâche de sélectionner les invités des premières Foulées Littéraires organisées par la ville de Lormont. Le boulot fut loin d’être facile puisqu’il fallait conjuguer et réunir au cours des trois journées que dure la manifestation un panel de sportifs d’écrivains et de journalistes susceptibles de plaire à tous les publics, du gamin de Génicart amateur de stars médiatiques au lecteur nostalgique de l’âge d’or du journalisme sportif. Pari réussi semble-t-il à la lecture du riche programme qui fera se croiser Eric Naulleau et l’attaquant des Girondins David Bellion, Denis Lalanne, plume historique de l’Equipe et Raphaël Poulain ou encore Rio Mavuba et le poète Bernard Chambaz.

Mais revenons à notre commissaire et à ses passions sportivo-littéraires. Il faut dire que tout jeune qu’il soit, Olivier Mony a été élevé dans le goût de la littérature du sport à l’ancienne. Celle d’un temps d’avant les sites Web mis à jour toutes les minutes ; celle des sportifs qui, toutes vedettes qu’ils étaient, n’étaient pas encore des stars inaccessibles. Je vous parle d’un temps où les journalistes sportifs semblaient être les seuls intellectuels à accorder une quelconque valeur aux exploits dominicaux des footballeurs, un temps où l’épopée prenait place dans les lacets du Mont Ventoux, où le duel Anquetil-Poulidor cristallisait les passions sociales en faisant s’opposer l’élégance du cycliste des villes au courage opiniâtre du champion paysan et séparait la France en deux camps. Un temps enfin où les journalistes faisaient leur miel de ces histoires au lieu d’ergoter sur ce-qui-a-bien-pu-se-passer-dans-le-bus-de-Knysna à longueur de colonnes, tentant maladroitement au travers de ce pathétique événement d’esquisser une critique sociale que leur anciens auraient expédiée en deux phrases.

C’est à ce journalisme là, qu’Olivier Mony a voulu rendre hommage dans ce premier tour de piste des Foulées littéraires. On comprend mieux la présence de Denis Lalane en parrain de l’événement et celle de l’écrivain cyclophile Antoine Blondin en figure tutélaire et objet d’exposition. C’est à cette littérature sportive que rendent hommage les auteurs invités, trouvant dans leurs récits la saveur des grands mythes populaires qui manque tant aux mythologies fabriquées des publicitaires d’aujourd’hui.

Pourtant, tout n’est pas perdu et, aux côtés des anciens de légende, sur le papier, sur le ring ou surles terrains se tiennent encore des hommes et des femmes qui croient encore aux vertus du sport pour ce qu’il est et de la littérature qui le raconte. Le boxeur Mahyar Monshipour ou l’ex-rugbyman Raphaël Poulain sont là pour le prouver et ils sont loin d’être les seuls.

La preuve en est que, lorsque nous avons évoqué les futures éditions des Foulées Littéraires, Olivier Mony s’est pris à rêver d’une carte blanche à l’exigeante et joyeuse revue SoFoot, ou à citer l’excellent Hubert Artus, du site d’infos Rue 89, qui pourrait bien, un jour, rejoindre les Blondin et Lalane au panthéon des grands de la chronique sportive.

Mais pour en être certain, il faudra d’abord faire un succès de ces premières Foulées…

Infos pratiques

Site Web :  Les Foulées littéraires

Entrée et parking gratuit

Tous les témoignages, débats et rencontres sont gratuits sous réserve de places disponibles.

Quand ?

Vendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 novembre de 10h à 19h.

Où ?

À Lormont, au Pôle Culturel et sportif du Bois Fleuri.

Se rendre aux Foulées Littéraires

Tram Ligne A en direction La Gardette, Station Bois Fleuri

Autoroute A10, sortie 3. Suivre le fléchage.

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