Festival des Hauts de Garonne, 20 ans et tous ses fans

El Gusto

Pour sa vingtième édition, le Festival des Hauts de Garonne modifie légèrement sa formule sans rien perdre de son âme.

C’était le 20 avril dernier, au Rocher de Palmer. A défaut de petits et grands plats, on avait au moins mis le café dans les soucoupes pour la conférence de presse de présentation du 20e festival des Hauts de Garonne. Et pour l’occasion, ce  sont les deux Patrick, Duval et Labesse, respectivement directeur de Musiques de Nuit et responsable du pôle de documentation du Rocher et tous deux animateurs du festival des musiques du Monde sur la Rive Droite, qui ont pris la parole pour un rapide feuilletage de l’album souvenir des vingt piges de l’événement suivi d’une présentation du programme à venir.

Une prometteuse catastrophe

Et c’est vrai qu’ils en ont des souvenirs à partager nos deux bonshommes ! Une première édition ambitieuse et presque ratée qui invente la réussite des suivantes (les brésiliens inconnus de Moleque de Rua, qui ouvraient le concert de Kool and the Gang et le Gilberto Gil seront les seuls à jouer, une pluie diluvienne forçant les organisateurs à tout annuler. Moleque reviendra l’année suivante animer des ateliers avec les jeunes du territoire, prélude au Carnaval des 2 rives…), des rencontres : Doudou Ndiaye Rose, Neneh Cherry, Khaled, The Roots, les Nubians grandies ici, IAM, le Poly-Rythmo… Et les voilà, 20 ans plus tard, à présenter leur programmation à coups de disques insérés dans un lecteur portable posé sur le comptoir du bar du Rocher.

De petits changements font évoluer cette vingtième. Un changement de lieu, le concert cenonnais se déroulera désormais au parc Palmer et une division du festival en deux temps, reliés par un fil musical et le retour de Bordeaux dans la programmation, presque en douce…

Jeudi 5 juillet, à 21h au parc du Bois Fleuri, à Lormont
Jacques Schwarz-Bart / Boubacar Traoré.

C’est Lormont qui ouvre le feu (d’artifice) avec Jacques Schwarz-Bart. Le saxophoniste, né guadeloupéen mais résident new-yorkais, se produira en quintette autour de son récent album Rise above. Brother Jacques comme on le surnomme est le constructeurs de nombreux ponts entre les musiques créoles, caribéennes et la tradition afro américaine. Il aura certainement des choses à raconter à Boubacar Traoré qui le suivra sur scène. Cette légende du blues malien qui fut selon Patrick Labesse « le Chuck Berry malien ». redécouvert à la fin des années 90, il a enregistré depuis 6 albums dont Mali Denhou en 2011.

Vendredi 6 juillet, à 21h au Parc Palmer, à Cenon
Aziz Sahmaoui & University of Gnawa / El Gusto

Marocain, imprégné de musiques traditionnelles, Aziz Sahmaoui a fondé l’Orchestre National de Barbès avant de se lancer dans une nouvelle aventure, en solo ou avec l’University of Gnawa qui tourne dans le monde entier, délivrant sa vision du partage entre partage, engagement, tradition et fête.

Encore un grand et bel orchestre. On compare El Gusto à une version Nord africaine du Buena Vista social club. Il est vrai qu’à l’instar de son inspirateur cubain, l’orchestre El Gusto s’est formé autour des survivants de la classe de chaâbi du conservatoire d’Alger. Quarante musiciens, juifs et musulmans unis dans leur passion du chant et de la musique.

9 – 10 – 11 juillet, Gato Loco se promène sur les deux rives de l’agglo bordelaise.

Pour faire le lien entre les deux séries de concerts « officiels », les organisateurs ont fait confiance au jazz latin des Gato Loco. Ces New-yorkais cuisinent leur musique à Brooklyn mais épicée aux parfums caribéens, et en fanfare…

Jeudi 12 juillet à 21h, au parc du castel, à Floirac
Marc Ayza / The Skatalites

L’espagnol Marc Ayza bat, tape et chante en compagnie de musiciens et d’un DJ. Il est l’un des acteurs les plus en vue de la jeune et turbulente scène jazz espagnole.

Quand aux Skatalites, on a là affaire à une morceau de légende ! Ce groupe, dont le seul membre originel est le saxophoniste Lester Sterling, a presque inventé la musique jamaïquaine, du ska au reggae. Guns of Navarone, James Bond Theme, Man in the streets, c’est eux ! On dit même que sur certains de leurs disques enregistrés aux alentours de 1965, 1967, on peut entendre le jeune Bob Marley à l’oeuvre dans les choeurs…

Vendredi 13 juillet, 21h, domaine de Beauval, à Bassens
Duquende / Hypnotic Brass Ensemble

Duquende est cantaor, il chante le flamenco. Et avec le plus grands puisque après Camaron, il accompagne aujourd’hui le guitariste Paco de Lucia. Fidèle àson maître et ami, il présente aujourd’hui un spectacle bâti autour de l’un des albums légendaires de l’histoire flamenca La Leyenda del tiempo.

Retour en ville avec l’Hypnotic Brass Ensemble. A la croisée des routes du visionnaire Sun Râ, du free, de la tradition des fanfares noires et du hiphop, c’est encore une histoire de fusion, de rencontres et de tambouille qu’il s’agit là. Mais de la cuisine qui fait danser, ça ne se rate pas !

Une petite précision : l’entrée de tous ces concerts est, comme toujours, gratuite !

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