Le B-A BA de Thomas Bardinet

ABC DE Floirac - Thomas Bardinet

Le cinéaste Thomas Bardinet anime à Floirac un Atelier de Bricolage Cinématographique qui mêle didactisme, recherche et convivialité. Visite…

Un mercredi d’été. Au centre d’animation du haut Floirac, une salle à l’abri de la chaleur, porte fermée, volets mi-clos. C’est là que le cinéaste Thomas Bardinet conduit son Atelier de Bricolage Cinématographique DE Floirac (ABCDEF), en compagnie des apprentis du jour, Mathias, Younes et Milo. Là, on regarde les rushes de la semaine précédente. C’est de l’impro filmée, les garçons sont parfois un peu hésitants, parfois cabotins. De long silences un peu gênés jaillissent parfois des éclairs de drôlerie qui font sourire tout le monde.

Thomas Bardinet, est cinéaste. Diplômé de l’IDHEC (aujourd’hui la FEMIS), il a déjà réalisé neuf films dont quatre longs métrages parmi lesquels le récent Nino une adolescence imaginaire de Nino Ferrer. Partisan d’une méthode de filmage privilégiant les tournages légers et mobiles, il sait les vertus de la polyvalence. C’est dans cet esprit qu’il a créé l’Atelier de Bricolage Cinématographique, à l’invitation de la mairie de Floirac qui cherchait a développer l’apprentissage de l’image dans les structures de la commune. A l’atelier du centre d’animation s’ajoutent ceux du collège Mandela et du collège Rayet, ce dernier étant mené en lien avec l’EPHAD voisin. Ce sont en tout une douzaine de garçons et filles, collégiens pour la plupart, qui s’initient aux finesses du septième art, passant de la caméra au montage, du montage au son et du son au jeu d’acteur, sans oublier le travail collectif d’écriture et celui, plus personnel, de l’improvisation.

D’ailleurs, d’improvisation, il en est maintenant question. Il s’agit d’imaginer des interviews de chasseurs de monstres. Chacun crée un personnage qu’il va interpréter devant la caméra, Thomas jouant le rôle de l’interviewer.

Ça tourne. Younes, un peu nerveux fait trembler la perche qui entre dans le cadre. Pas grave, on recommence. Milo, cabot en diable démarre sur les chapeaux de roues sur une histoire fantasque qui le fait marrer autant que les autres. On enchaîne. La semaine prochaine, on dérushera, l’œil et l’oreille critiques. Tout complice et patient qu’il soit, le cinéaste n’en reste pas moins exigeant et pointe, ça et là, les défauts de jeu des garçons qui ont parfois tendance à se perdre dans les détails, oubliant le fil de leur récit. Car pour Thomas Bardinet, l’essentiel est de se concentrer sur la cohérence de la narration, ne pas perdre de vue qu’on raconte une histoire aux autres, pas à soi même, ce qu’aujourd’hui, chaleur d’été oblige, les garçons ont un peu tendance à l’oublier.

L’ABC de Floirac, c’est aussi un site web qui présente les activités de l’association ainsi que ses diverses activités. Reportages, films courts, « minutes de liberté » et bientôt les réalisations des ateliers.

Dans le même temps,Thomas Bardinet voudrait développer ce qu’il nomme un « ciné-club à domicile », où l’hôte pourrait convier des amis ou voisins à voir un film et à en discuter ensuite, comme au bon vieux temps des cinés étudiants.

En attendant, l’ABC de Floirac sera présent à Jour de Fête, manifestation floiracaise qui se tiendra le samedi 15 septembre à la M.270 et sur l’esplanade des Libertés. De nombreuses animations autour de l’image et du cinéma vous permettront de vous faire une idée plus précise des activités de l’ABC et, pourquoi pas, de faire naître des vocations… On s’y retrouve ?

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