Les Fées se penchent sur la Rive Droite

Les Fées, Antoine Dorotte

Bassens a depuis peu de nouvelles et remarquables habitantes qui se sont installées à la station de tramway de La Gardette : Les Fées.

Ceux d’entre nous qui fréquentent la station de La Gardette, que ce soit en tram, en bus ou qui passent devant en auto (ou à cheval, en roller, vélo, trot…), les auront vues s’ériger lentement. D’abord la structure métallique, à cheval entre le trottoir et la toiture du local technique de TBC ; ensuite la première couche de revêtement, en bois puis la peau extérieure, en zinc, perforée par endroits. Et tous, nous nous sommes à un moment ou un autre demandés : « mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? »

Ce truc, c’est Les Fées, une œuvre commandée par la Communauté Urbaine de Bordeaux dans le cadre de la commande artistique du Tramway, à Antoine Dorotte, un jeune plasticien qui vit et travaille à La Courneuve, près de Paris. A Bassens, il a imaginé cette pièce au nom directement inspiré par la fée électricité, hommage explicite au patrimoine industriel des rives de la Garonne dans leur partie bassenaise. Ces Fées, à la peau de métal, semblent former une ronde réunissant trois pylônes, totems protecteurs de la station. Source d’énergie pour le tram tout proche et d’inspiration pour les habitants qui les croisent, elles ont été installées sur ce site dans le cadre de la commande artistique du tramway bordelais qui prévoit que 1 % du budget total d’un équipement public soit consacré à l’achat ou à la commande d’œuvres. Vous en connaissez d’autres : le « shhhhhh » et autres onomatopées qui ornent les abords de la Buttinière, le RES PUBLICA qui brille na nuit sur les silos de Bacalan ou le désormais célèbre Lion de la place Stalingrad, signé par Xavier Veilhan.

C’est lundi dernier, à la tombée du jour, que la CUB avait décidé d’inaugurer ses Fées toutes neuves. Pourquoi le soir ? Parce les fées luisent ! En effet, un dispositif lumineux projette des éclairs au travers des perforations pratiqués par l’artiste dans le zinc, mimant les éclairs d’énergie qui animent l’œuvre. Étaient présents pour l’occasion Jean-Pierre Turon, maire de Bassens ; Franck Maurras, maire de Carbon-Blanc ; Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine, Arnaud Littardi, directeur de la DRAC Aquitaine et, bien sûr, un peu perdu au milieu des politiques, Antoine Dorotte, l’artiste. A ceux-là s’ajoutaient quelques amis artistes, des élus et les habitants du quartier venus voir d’un peu plus près de quoi tout cela ressortait.

Un peu de musique, quelques discours, des discussions sur une soudaine mais virulente invasion de moustiques affamés et la nuit était là qui voyait s’allumer pour la première fois les Fées, pourle plus grand plaisir des photographes.

Et voilà une œuvre de plus qui va jalonner nos parcours en Tramway, constituant une originale collection publique dont on devrait organiser des visites guidées (mais peut-être la CUB s’en est-elle déjà chargée?). Pour approfondir le sujet, le FRAC Aquitaine a installé son container baladeur dans la cour de la médiathèque de Bassens. A l’intérieur, est projetée une série d’entretien sur les récentes commandes artistiques de la CUB – dont celle des Fées. La visite, pour insolite qu’elle soit, est recommandée. Enfin, nous ne saurons trop vous conseiller de pousser la balade jusqu’à Carbon Blanc où le centre Chateau Brignon expose les planches de la BD Les Fées, imaginée par Winschluss en parallèle de la commande artistique.

Évidemment, nous ne saurions terminer cet article sans mentionner le rôle déterminant qu’a joué dans la construction des Fées le groupe Zébra3/Buy-sellf qui a apporté son expertise technique et ses compétences dans la production d’œuvres.

Antoine Dorotte from Frac Aquitaine on Vimeo.

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