Une démarche prospective pour la Rive Droite

Face aux rapides mutations de la Rive Droite, la Caisse d’Allocations Familiales a engagé avec ses partenaires une démarche collective de prospective qui permettra d’anticiper des actions transversales au profit des habitants du territoire.

Les villes de Bassens, LormontCenon et Floirac présentent des spécificités démographiques, économiques et sociales communes, par rapport au reste de la métropole. Le déploiement de la Politique de la Ville et du Programme National de Rénovation Urbaine a amené ces quatre villes à structurer depuis plus de 10 ans une démarche territoriale coordonnée à l’échelle de la Rive Droite, pilotée par le Grand Projet des Villes.

Depuis 2003, les évolutions urbaines (quartiers rénovés, nouveaux quartiers, offre immobilière renouvelée) ont entrainé des mutations sociales rapides qui ont fait naitre le besoin d’engager une veille partagée par les Villes et leurs partenaires.

Dans ce contexte, la Caisse d’Allocations Familiales de la Gironde – qui a regroupé les 4 villes du GPV au sein d’une même unité territoriale appelée « UT Sud Est », dirigée par Nagède Cantel – a engagé en 2014 une démarche collective afin de suivre les évolutions en cours sur la Rive Droite, mais aussi d’adopter une démarche prospective qui permettra d’anticiper des actions transversales. Cette démarche est pilotée pour la CAF par Sonia Oudin.

En septembre 2014, 4 axes de travail ont été validé en comité de pilotage par le groupe de suivi composé des représentants de la CAF, du GPV Rive Droite, des élus en charge de la politique de la Ville et thématiques liées et des référents techniques des Villes de Bassens, Lormont, Cenon et Floirac. Expérimentale à plusieurs titres, la méthodologie appliquée sur la Rive Droite a vocation à être transférée à d’autres territoires et d’autres thématiques.

Axe 1. L'accès aux droits


Constat

Sur les quatre villes, une partie des bénéficiaires potentiels de prestations versées par la CAF n’y ont pas recours (environ 27%). Il en est ainsi notamment des allocations logement pour les plus de 60 ans et du RSA-Activité, utile pour les personnes se situant à peine au-dessus des minimas sociaux et connaissant souvent une activité professionnelle précaire.

Actions

Concernant les allocations logement pour les plus de 60 ans, une action d’information des locataires du parc public HLM est en cours de préparation : courrier d’information en mars, permanences de vérification et d’ouverture des droits éventuels en avril-mai, évaluation en en juin. Une méthodologie adaptée est en cours de réflexion concernant les locataires du parc privé.

Le gouvernement ayant annoncé en mars 2015 la fin du RSA-Activité et sa fusion avec la prime pour l’emploi dans la nouvelle Prime d’Activité applicable en janvier 2016, le comité de pilotage a décidé de maintenir une veille sur le (non)recours à cette allocation sur la Rive Droite afin de pouvoir, au vu des résultats, engager une démarche territoriale spécifique si besoin.

Axe 2. La petite enfance et la parentalité

Constat

Les politiques « petite enfance et famille » des collectivités territoriales sont, pour beaucoup d’entre elles, accompagnées techniquement et financièrement par la CAF via les contrats enfance jeunesse et plusieurs appels à projet : « Politique et territoires », « REAAP – réseau d’écoute d’appui et d’accompagnement des parents », « projet vacances de territoire … Pour autant, de nouvelles problématiques apparaissent et la démarche territoriale Rive droite vise à les explorer et y apporter des solutions.

Le comité de pilotage a choisi d’orienter son action dans un premier temps sur la question de la garde des enfants, qui constitue souvent un frein à l’insertion professionnelle des parents, principalement lorsqu’ils sont éloignés de l’emploi et en situation de précarité.

Actions

Trois types d’actions ont été identifiés par les groupes techniques inter-partenariaux. Leur faisabilité technique, juridique et financière doit être étudiée en 2016 avant un éventuel déploiement progressif.

– création d’une offre d’accueil spécifique par la réservation de places non utilisées des services d’accueil familial (crèches familiales),

– mise en place d’un accompagnement personnalisé des familles dans les démarches,

– mise en place d’un fonds commun permettant de réduire le frein financier initial pour les familles.

Axe 3. Le logement

Constat

Rénovation urbaine

La question du relogement des habitants concernés par les démolitions dans le cadre des opérations de rénovation urbaine sur la Rive Droite a fait l’objet d’un suivi partenarial précis et régulier dans le cadre de l’observatoire du relogement piloté par le GPV. La question de l’impact du relogement sur la situation des ménages a conduit le territoire, l’ANRU et les services de l’Etat à commander au service « études et statistiques » de la CAF une étude sur la situation actuelle des relogés du quartier du 8 mai 1945 à Cenon, dont le relogement s’était achevé en 2005. Cette étude, présentée en février 2015, permet de conclure que le relogement n’a pas entraîné de déstabilisation des ménages concernés observable en termes statistiques. Pour autant, plusieurs quartiers de la Rive Droite et de la métropole étant engagés dans le second programme de rénovation urbaine (2015-2025), le comité de pilotage considère que le travail de diagnostic auprès des ménages à reloger et le partenariat opérationnel de suivi associant les organismes HLM, la CAF, le Conseil départemental, les Villes, la Métropole et le GPV, doit être relancé.

Peuplement

Une étude co-portée par l’AROSHA et Bordeaux métropole et menée par le cabinet Place, fait apparaître des déséquilibres préoccupants à l’échelle de la métropole et des territoires, tant sur la situation observée que sur les dynamiques de paupérisation du logement social et du parc privé, hors centre-ville.

Actions

– Il sera proposé que l’observatoire du relogement soit relancé courant 2017, dans la phase de préfiguration des opérations de rénovation urbaine.

– La Métropole va poursuivre l’observation et porter des politiques publiques sur le peuplement et l’habitat à son échelle. Toutefois, compte-tenu de la situation particulière de la Rive Droite en termes de déséquilibres sociaux et urbains, le comité de pilotage estime qu’il serait intéressant qu’elle bénéficie d’une prise en compte particulière. Un conseiller territorial de la CAF a été désigné pour suivre ces travaux à l’échelle de la métropole.

Axe 4. L'animation de la vie sociale et l'implication des habitants

Constat

La demande du comité de pilotage était ici de développer un plan/programme de travail avec un état des lieux de la participation, de l’implication et du développement social dans la pluralité de leurs formes sur le territoire.

Actions

La réforme de la politique de la ville en 2015 (création des conseils citoyens et d’un pilier « vivre ensemble, valeurs citoyennes et républicaines ») et les évolutions des projets des centres sociaux ont mobilisé les acteurs et entrainé une reconfiguration des modes d’action. Dans cette première phase, le cadre d’action est essentiellement communal. A l’échelle de la Rive Droite, le comité de pilotage n’a donc pas pu, à ce jour, fixer d’objectifs opérationnels, mais poursuit son travail de veille.

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