Petite histoire du projet

À la création du Grand Projet des Villes de Bassens, Lormont, Cenon et Floirac, en 2001, l’objectif premier était de changer en profondeur l’image de la Rive Droite… Retour sur les 3 premiers temps du projet de territoire.

Changer l’image ne voulait surtout pas dire renier ce qui avait fait et faisait l’histoire et l’âme de ce territoire et de ses quartiers, bien au contraire. Il s’agissait de lutter contre les clichés stigmatisants, liés à une méconnaissance de ce territoire et de ses habitants. Il s’agissait de construire l’avenir pour donner à la Rive Droite une place de choix dans l’agglomération bordelaise.

En 2001, les 4 Villes de Bassens, Lormont, Cenon et Floirac, et la Communauté urbaine de Bordeaux, appuyées par l’État, font le choix d’un projet commun, global et ambitieux, soutenu par une méthode innovante. Il s’agissait de dépasser les cloisonnements fonctionnels et administratifs pour construire et animer un partenariat solide dans lequel expérimentation, réactivité et qualité seraient systématiquement encouragées.


2000-2006 : un nouveau regard

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Les communes du GPV cumulent handicaps urbains, sociaux et économiques, mais bénéficient d’atouts qui sont de puissants leviers pour revenir dans la dynamique de développement de l’agglomération bordelaise.

En 2001, le territoire accueille 10% des habitants de l’agglomération bordelaise, mais 25% des logements sociaux. Une partie de ces logements, construits dans les années 70, nécessitent une rénovation. La Rive Droite est fragmentée par des coupures urbaines : coteaux, fleuve, chemin de fer, voies rapides. La population y est plus jeune que sur le reste de l’agglomération, les personnes en situation précaire plus nombreuses, le chômage plus fort et le niveau de qualification plus faible. À ces fragilités s’ajoute un déficit d’image qui freine le développement du territoire.

Dès le départ, le projet de développement de la Rive Droite lie opérations de rénovation urbaine et actions sociales et culturelles.

Le projet urbain, articulé autour du tramway, en cours de construction, porte sur 5 quartiers prioritaires : le Bousquet à Bassens, Génicart et Carriet à Lormont, 8 mai 1945 à Cenon et Libération à Floirac, auxquels s’ajoutent 3 zones d’aménagement concerté (ZAC), en cours de programmation : Chaigneau-Bichon à Lormont, Pont-Rouge à Cenon et Les Quais à Floirac. De nombreuses interventions sur l’espace public sont également programmées, dans le respect d’une charte de qualité urbaine, paysagère et architecturale, signée par les partenaires du projet mi-2003.

Le projet social repose sur la culture, l’éducation, l’insertion professionnelle et la lutte contre les discriminations. Par la culture, il s’agit de garantir un maillage d’équipements publics de qualité, de mobiliser les publics et de valoriser la mémoire des habitants. Les pôles éducatifs reconstruits ou réhabilités s’ouvrent aux parents et aux habitants des quartiers. Côté emploi, l’accompagnement individualisé des publics les plus fragiles est privilégié. Enfin, il s’agit de sensibiliser et de mobiliser tous les acteurs à la lutte contre les discriminations.

2006-2010 : la confiance retrouvée

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En 2006, l’observatoire de l’habitat créé par les partenaires du GPV, indique clairement que la Rive Droite rejoint la dynamique de l’agglomération bordelaise. Il s’agit dès lors de conforter son ancrage au cœur de l’agglomération.

Côté urbain, le projet prévoit la constitution d’une offre nouvelle de logements diversifiés. Aux opérations de rénovation urbaine et aux ZAC s’ajoutent désormais la programmation de nouveaux quartiers en lieu et place d’anciennes friches industrielles : la Ramade à Lormont, les Clairières de Flore à Floirac… Le laboratoire de l’aménagement durable complète la charte de qualité urbaine et paysagère. Il recense les expériences innovantes en matière d’aménagement durable et chiffre les surcoûts et les gains pour le maître d’ouvrage et l’habitant.

Le parc des Coteaux devient dans ces années un des sites emblématique du système de parcs et de zones naturelles de l’agglomération bordelaise. Il est envisagé comme un espace d’échanges et de convivialité, de culture et de respiration.

En 2009, au terme d’un travail collectif sur l’image des villes de Bassens, Lormont, Cenon et Floirac , la marque Rive Droite est créée pour révéler le territoire, ses acteurs, leurs actions et mobiliser tout une population qui, par son témoignage, illustre la qualité de vie sur cette rive.

Cette même année, une large réflexion sur l’innovation numérique et sociale est engagée avec la Fondation Internet Nouvelle Génération démontrant le potentiel créatif de ce territoire et de ses habitants.

Le projet social et ses 4 piliers : culture, éducation, insertion professionnelle et lutte contre les discriminations, se poursuit avec un renforcement de la stratégie économique, notamment concernant la création d’entreprise et la réduction des freins à l’emploi, en lien avec le projet porté par l’association Hauts-de-Garonne développement.

2010-2014 : Être une pièce maîtresse

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Le regard posé sur la Rive Droite a bien changé, la confiance en son avenir est forte, il faut désormais marquer l’essai et positionner le territoire comme une pièce maîtresse du développement de la métropole bordelaise.

Sur la Rive Droite, la demande de logements croît, notamment de la part des primo-accédants. Les prix de vente restent maîtrisés. Les perspectives de développement, et surtout la programmation de 2 ponts supplémentaires sur la Garonne, accentuent l’attention portée à ce territoire, singulièrement à la plaine Rive Droite. Le cœur de l’agglomération se recentre de part et d’autre du fleuve.

Face aux enjeux d’une métropole en pleine croissance, le GPV et ses partenaires apportent leur contribution au projet de rééquilibrage économique et social des 2 rives de la Garonne, engagé par la Communauté urbaine et la Ville de Bordeaux, incarné de manière forte par l’opération d’intérêt national Bordeaux-Euratlantique.

Côté urbain, ce 3ème temps du projet engage la poursuite du renouvellement urbain du plateau et contribue à l’organisation du développement de la plaine. En lien avec ces deux espaces, plaine et coteau, il s’agit de penser une armature des déplacements efficace et durable d’est en ouest : d’une rive à l’autre, de la plaine vers le coteau, et du nord vers le sud.

Le parc des Coteaux est affirmé comme un élément fédérateur du projet avec la mise en œuvre progressive du plan guide élaboré par Christophe Bouriette et Marion Vaconsin et la création de la biennale panOramas.

Le Rocher de Palmer, tête de réseau culturel, ouvert en 2010, incarne la créativité, l’ouverture et l’innovation d’une Rive Droite définitivement décomplexée poursuivant son développement en lien avec le projet métropolitain développé par la Communauté urbaine de Bordeaux.

« Rive Droite : 2000-2010, la reconquête » (édition décembre 2010)