Bassens, de mémoire en avenir

Pour cette 1ère Ligne Droite de l’été, rendez-vous a été donné à la station La Gardette, haut lieu d’échanges »intermodaux » de cette « pointe nord » de la Rive Droite, stratégiquement placée à la jonction de trois communes, Bassens, Lormont et Carbon-Blanc. Un beau point-rencontres, non ?


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récit et photos Françoise Duret

Sous l’abri-bus de la liane 7, stationne une poignée d’arpenteurs de bitume, accueillis par Eve Mathieu et Claire Thiriet, du Grand Projet des Villes Rive Droite. Des Bassenais rejoignent le groupe : Jacqueline Lacondemine, conseillère municipale chargée des questions de déplacements et son époux, Éric Lacondemine, président de l’ABPEPP, association bassenaise pour la protection de l’environnement et la promotion du patrimoine. Éric est aussi membre du conseil citoyen du quartier de l’Avenir, secteur dont fait partie la résidence Beauval, terminus de cette balade.

 Ici, on rêve des transports de demain

« Et le monsieur, là ? » demande en chuchotant Bernadette, une voisine de crapahute talençaise. Le monsieur, c’est le maire de Bassens. Tout frais sorti du marché où nous nous rendrons sous peu. « Je ne marche pas avec vous. Vous m’excuserez, je dois porter les courses à madame. » Mais les carottes et les tomates attendront un peu. Jean-Pierre Turon profite d’un retard de liane pour parler transports et avenir, et en premier lieu, la ligne Bassens-campus. « Elle sera en grande partie en site propre et permettra aux étudiants de rejoindre les facs bien plus vite qu’aujourd’hui. » Soit 30 à 45 mn contre 1h30 actuellement, dans un BHNS, bus à haut niveau de service. Et c’est pour quand, cette merveille ? « 2022-2023. » Après-demain, donc.

Mais déjà Jean-Pierre Turon s’envole vers un autre mode de transport, le téléphérique, en découvrant le couple de Bacalanais du jour : « Je milite pour. À Brest, la rade fait 450 mètres de large, comme la Garonne entre Bacalan et Bassens. Il a fallu un à deux ans de mise au point. » Y’a plus qu’à. Les Bacalanais sont ravis.

En attendant, la « liane la plus rapide de la Métropole », comme nous la présente Jacqueline Lacondemine, a un peu de retard.

Petites emplettes pour midi

Mais tout arrive ! Un court trajet en bus et voilà les marcheurs au marché. « Vous n’en ferez pas le tour en un quart d’heure ! » a prévenu Jacqueline. Elle sait de quoi elle parle. Du frais, du cuit, du cru, du cuisiné, de l’épicé, et même des fringues et des balais. Avec 150 étals, Bassens est un des marchés les plus importants de la métropole. En un quart d’heure, finalement, les randonneurs ont rempli leurs sacs à dos et complété le pique-nique pour midi. Certains ont même eu le temps de faire une pause café-croissant.

Mais le groupe a encore quelques quartiers à découvrir avant midi. Le soleil est déjà chaud. Eve nous a prévenu : les jours de « Lignes droites », il fait toujours beau. On rêve d’une crème solaire « Sur la rive droite ». Faute de, elle brumise généreusement la troupe.

Pause en terrasse

Une pause à l’ombre sur les terrasses du Bousquet permet de découvrir ce qui fut la première opération de renouvellement urbain de la Rive Droite, lancée dès 2003. Un important travail de mémoire (recueil de témoignages d’habitants, expositions artistiques…), processus souvent corrélé à ce type d’opération, avait alors été mené.

Aujourd’hui, la Rive Droite se trouve de plein pied dans le deuxième programme de rénovation urbaine. Dans les quartiers de l’Avenir (Bassens) mais aussi Carriet (Lormont), La Benauge (Bordeaux), Sellier et Palmer (Cenon), Dravemont et la Cité du Midi (Floirac), des actions sont menées de front sur les logements, l’accès aux droits, mais aussi le développement de l’entrepreneuriat – car beaucoup d’habitants d’ici portent des projets d’entreprises inventifs et pertinents. Tous les aspects du développement du territoire sont pris en compte.

Faire revivre les petits commerces

photo FDuret

Dans le bourg, revoici Jean-Pierre Turon, sans cabas mais avec dossiers sous le bras, en compagnie de Paul-Henry Verdier, architecte (Aldebert-Verdier Architecture) et de Vanessa Leydier, paysagiste et urbaniste, qui ont imaginé le projet de revitalisation du centre bourg.
« Il vise à rendre le bourg plus lisible, plus visible et à donner envie de s’y arrêter » commente le maire devant ce qui fut une immense maison de pierre assortie de hangars.

 

Pour Paul-Henry Verdier, il s’agit bien de retisser du lien. Aussi, les immeubles préemptés par la ville font l’objet d’un traitement de faveur : on conserve la façade (soutenue par des étais tout l’hiver, elle a fait rêver les minots bassenais qui se croyaient dans un western !) et on construit moderne en renouant avec les cintres et les arcades d’autrefois « pour retrouver la halle du marché ». Pour faire le lien avec la zone industrialo-portuaire que domine le bourg, le haut du bâtiment sera traité en bardage d’acier perforé.

Dans son projet paysager, Vanessa Leydier a, quant à elle, proposé un aménagement végétal qui s’immiscera à l’intérieur de l’îlot par un passage entre le parvis ouvert sur le fleuve et les quartiers en arrière-plan du bâtiment. Ce qu’elle appelle « une petite intervention du paysage dans le bâti » donne à voir sur ses esquisses un immeuble inséré dans un maillage végétal qui semble avoir toujours été là. Pharmacie, cabinet infirmier et d’autres professionnels de santé, une boulangerie et un restaurant devraient investir les lieux fin 2018.

Beauval : à 50 ans, tout recommence !

photo F.Duret

On quitte le bourg en cours de revitalisation en descendant la rue Ampère, à gauche de l’église. 17% qu’il fait bon descendre, plutôt que l’inverse. Éric Lacondemine évoque la construction du clocher. L’église de Bassens a la particularité d’en avoir deux, un roman et un gothique. Le second a été construit pour faire plaisir à l’archevêque de l’époque qui voulait le voir en arrivant par la route ! En passant dans la petite rue du Printemps, si semblable aux chemins qui traversaient autrefois la commune, on prend la mesure des transformations qui animent Bassens aujourd’hui.

Devant la résidence Beauval, on retrouve Mareva Garcia, chargée de communication du bailleur Clairsienne, mais aussi Josette et Jean Dupuy, locataires historiques. Avec eux, on évoque le projet de requalification urbaine de la résidence, un ensemble de onze bâtiments, dont dix de logements, construits en 1968 sur près de 3 hectares de parc. Si Beauval a de beaux restes, l’heure est tout de même au remodelage complet : ajout d’un étage en attique sur chaque toit, balcons pour tous, ascenseur dans chaque bâtiment, création de nouvelles entrées orientées vers le parc, amélioration du confort des logements, traitement acoustique et esthétique extérieur, et même réhabilitation à la carte pour les locataires qui le souhaitent ! Sans parler du parc, préservé et recomposé. Coup d’envoi à l’automne avec la démolition du bâtiment K situé à l’entrée. Livraison prévue en décembre 2020.

Cerises, abricots et souvenirs

Parce qu’on ne peut pas se projeter dans l’avenir sans parler du passé, la ville met la touche finale à un recueil de souvenirs d’habitants et d’interventions de témoins. Le livre, « récits de vie » est le 4ème d’une série éditée par Bassens dans le cadre du renouvellement urbain, et recoupe récits historiques et sensibles. Il sera présenté à la médiathèque de Bassens le 7 décembre.

Autour de la nappe de pique-nique tirée du sac magique « Mary Poppins » d’Eve Mathieu, on croque à belles dents tomates, fromages, baguette croustillante, cerises, abricots et souvenirs. On pourrait rester longtemps posés à l’ombre rafraîchissante des arbres du bassin Montsouris. « Mon lac », dit Josette. Mais la marche s’achève. Pour en prendre une deuxième tranche bien fraîche, il faudra revenir le 22 août au fil de la 2ème Ligne droite bassenaise.

 

Pour aller plus loin

 

Ligne Bassens-Campus

Renouvellement urbain du Bousquet

Revitalisation du centre bourg

Renouvellement urbain du quartier de l’Avenir (pages 18-19)

Requalification de la résidence Beauval

 

Texte et photos Françoise Duret

 


Ligne(s) Droite(s), balades en compagnie…

Proposées par le GPV Rive Droite, les Ligne(s) Droite(s) sont 8 balades, en compagnie d’experts et d’habitants, pour faire découvrir au public de l’Été métropolitain la Rive Droite, son patrimoine, ses paysages, ses bons coins, ses initiatives et projets, son histoire, ses histoires….

Dans le cadre de l’Été métropolitain 2018 programmé par Bordeaux métropole, le GPV Rive Droite propose Ligne(s) Droite(s) : 8 balades en compagnie d’experts et d’habitants qui guideront les marcheurs pendant quelques heures à la rencontre des parcs, du patrimoine ancien et contemporain, des secteurs de projet urbain et des gens qui font bouger la Rive Droite à Bassens, Bordeaux-Bastide, Lormont, Cenon et Floirac.

 

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