Anthony Meddar, chef de projet CitésLab

Il a pris les commandes du CitésLab au GPV en février dernier. Anthony Meddar nous rappelle quels sont les principaux objectifs de sa mission et comment il s’adapte au contexte de la crise sanitaire. Interview A. Chambras.

Actu JUIN ! A partir de juin, Anthony Meddar, chef de projet CitésLab, vous reçoit sur RDV, le jeudi après-midi au GPV (rue Marcel Paul – Cenon) ou le vendredi matin au QG (1-3 rue Vincent Auriol – Cenon), sans RDV au marché de Cenon le mercredi matin. Les permanences sur les autres villes reprendront dans un second temps.

Anthony Meddar // anthony.meddar@surlarivedroite.fr    // 06 33 48 16 07

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INTERVIEW

Aline Chambras : Pour commencer, pourriez-vous nous parler de votre parcours ?

Anthony Meddar : Après trois ans d’expériences dans le domaine de la solidarité internationale, pour la Croix-rouge française notamment, j’ai décidé de reprendre des études : j’ai suivi un master en développement durable et gouvernance de projets internationaux, que j’ai validé en 2019. Durant ce cursus, j’ai effectué plusieurs stages :  chargé de mission à la Métropole d’Aix-Marseille ;  chargé de concertation et de coproduction pour l’association Robin des Villes ; et chargé de mission territoriale à la maison de l’emploi de Marseille. A chaque fois, il s’agissait de développer des actions au service de différents publics, qui visaient la conscientisation, la coconstruction et l’émancipation individuelle. En d’autres termes, faire de l’éducation populaire.

 

AC : Qu’est-ce qui vous a motivé à postuler au poste de CitésLAB du GPV ?

AM : D’abord, je dois préciser qu’après plusieurs années passées à Marseille, j’ai eu envie de me rapprocher de ma famille, qui vit à Langon, dans le Sud-Gironde. Je me suis installé à Cenon. Quand j’ai appris que le GPV cherchait un remplaçant pour le poste de CitésLAB, j’ai tout de suite envoyé ma candidature. Ce poste représentait pour moi était une véritable opportunité : il était la synthèse de toutes mes expériences passées.

 

AC : Justement pourriez-vous nous rappeler en quoi consiste votre mission ?

AM : Ma mission principale est d’accueillir et soutenir les habitants des quartiers prioritaires des 4 communes concernées (Bassens, Lormont, Cenon et Floirac) dans leur démarche de création d’entreprise. Via des actions de médiation et de sensibilisation, menées dans des lieux stratégiques comme le Forum du Rocher de Palmer à Cenon ou le Kiosque Citoyen à Bassens. Mais aussi en nouant des partenariats avec toutes les structures qui peuvent aider à la création d’activités. Mon poste se décline en fait selon deux axes. D’un côté, apporter une aide aux porteurs de projets dans la mise en place même de leur projet. De l’autre, sécuriser leur parcours de création en leur donnant les clés pour ouvrir les bonnes portes. La démarche entrepreneuriale n’est pas innée. Et dans certains quartiers, on constate que de nombreux habitants ont ce que l’on appelle des pensées limitantes, c’est-à-dire qu’ils sont persuadés qu’ils ne pourront pas parvenir à créer leur entreprise. Je suis là pour faire tomber ces barrières. Leur expliquer qu’ils peuvent réussir. J’ai un rôle de référent. De boussole. Mon poste nécessite donc un fort ancrage territorial. J’ai besoin d’être au plus près des habitants : d’abord pour bien identifier les potentiels porteurs de projets, ensuite pour trouver comment les aider à amorcer au mieux ces projets.

 

AC : Aujourd’hui, avec le confinement, vous êtes contraint de rester éloigné du terrain. Cela nuit-il à votre travail ?

AM : Il est certain qu’avec ce confinement, je cumule plusieurs handicaps. Tout d’abord parce qu’il a été instauré seulement 15 jours après ma prise de poste. Je n’ai donc pas eu le temps d’être correctement identifié par les habitants concernés, ni de bien faire connaissance avec les pratiques de ce territoire. Ensuite parce que, comme je le disais, mon travail impose une forte proximité avec les publics visés. Or, comme je suis en télétravail, ce n’est pas possible actuellement. Je ne peux qu’avoir des relations téléphoniques ou via internet. Ce n’est pas optimal. D’autant que certaines personnes ne sont pas à l’aise avec ce genre d’outils de communication. Ou n’ont plus autant de temps qu’avant puisqu’ils doivent faire la classe à leurs enfants.

La situation exceptionnelle que nous traversons a une autre conséquence sur mon travail : en temps normal, ma mission est d’aider les gens à créer leur entreprise. Ce que je continue à faire actuellement, mais à un rythme nettement ralenti, crise oblige. En fait, depuis l’instauration du confinement, je passe la majorité de mon temps à aider les personnes qui ont déjà créé leur activité et se retrouve à l’arrêt : je leur explique comment obtenir les aides exceptionnelles débloquées par l’État ou les collectivités, notamment, pour qu’ils puissent faire face à la crise et préserver leur entreprise. Et je sais que ma mission dans les prochaines semaines et les prochains mois sera de réussir à recréer un climat de confiance pour que l’envie d’entreprendre perdure.

 

 

 

A propos du dispositif CitésLab

A la demande des pouvoirs publics, Bpifrance s’est engagé depuis le 1er Janvier 2019, à renforcer les actions de soutien aux initiatives entrepreneuriales dans les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV), en couplant l’engagement de terrain des réseaux d’accompagnement et l’offre complète de services de Bpifrance pour soutenir les entreprises et leur développement. C’est dans le cadre de ses nouvelles missions que Bpifrance a structuré, en coopération avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème entrepreneurial, un programme spécifique intitulé «Entrepreneuriat pour Tous ». Avec le soutien des acteurs de l’accompagnement et des collectivités territoriales, Bpifrance coordonne une action essentielle en direction des entrepreneurs de ces territoires : CitésLab – Révélateurs de Talents, le cœur battant du programme Entrepreneuriat pour tous. En savoir +

Sur la Rive Droite, la mise en oeuvre du dispositif est co-financé par la Région Nouvelle Aquitaine

 

 

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